Niki de Saint Phalle

Artiste flingueuse (75008)

Du 17 septembre 2014 au 2 février 2015 au Grand Palais. Une exposition dédiée à l’artiste franco-américaine disparue en 2002.

« Je m’appelle Niki de Saint-Phalle et je crée des œuvres monumentales », lance Niki de Saint Phalle dans une vidéo, aussi charmeuse que provocatrice. Le ton est donné. L’artiste a, parmi ses multiples talents, l’art de se mettre en scène et d’utiliser les médias. Aujourd’hui on dirait qu’elle sait créer le buzz.
Il faut dire qu’elle est belle, très belle – elle fait la couv’ des magazines à l’âge de 18 ans. Née Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle à Neuilly-sur-Seine dans une famille franco-américaine de banquier, son enfance se partage entre la France et les Etats-Unis. Elle est une gosse de riche, gâtée par la nature, passe son bac, travaille comme mannequin. Rebelle, elle s’enfuit avec son amoureux puis rentre au bercail, l’épouse, met au monde une petite fille, mène une vie de hippie chic, voyage en Europe et… « pète une durite ».
Première rencontre avec l’art, l’art comme thérapie alors qu’elle est internée à Nice, l’art pour s’en sortir, l’art pour reprendre le dessus avec des accumulations et jeux de matières. Elle va mieux, reprend le cours de sa vie mais la violence couve, celle du viol (perpétré par son père), celle d’une mère castratrice qui n’a pas su la protéger. Mais désormais le mal-être et la violence seront canalisés dans l’artistique. «Si je n’avais pas eu l’art je serai devenu terroriste», dit-elle. C’est à travers l’art que Niki veut et va tout faire péter. Cela commence au début des années 1960 par des intégrations d’objets contondants comme des hachoirs ou des couteaux dans des sculptures. Cela continue par des séances de tirs où elle expurge la violence en faisant exploser à la carabine des sachets de couleurs sur des supports en ciment.
Niki rejette l’art officiel comme elle rejette l’église ou la société qui enferme les femmes, représentées crucifiées, écartelées, mariées fantomatiques ou mères dévorantes. En 1965 elle propose sa vision de monde à travers ses premières Nanas monumentales, des femmes joyeuses et dominantes qui lui apporteront la célébrité et la popularité. Remariée en 1971 au sculpteur suisse, Jean Tinguely, elle réalisera notamment avec lui Hon, nana couchée de 28 mètres de long. Mais c’est à la fin de sa vie qu’elle réalise son rêve, un jardin fantastique qui lui trotte dans la tête depuis qu’elle a découvert en 1955 le Parc Güell de Gaudi. La dernière salle est dédiée à ce Jardin des Tarots qui compte 22 sculptures comme les 22 Arcanes majeures du Tarot auxquels l’ont initiée les nouveaux réalistes.
L’expo nous montre toutes les facettes de sa créativité, l’évolution de son travail, la variété des matériaux et des supports utilisés. On la connaissait surtout pour ses sculptures joyeuses et colorées, on ressort avec une vision beaucoup plus riche de son travail et plus fine d’un personnage aussi complexe que son oeuvre. L’expo est un formidable voyage initiatique, un voyage que l’on a envie de prolonger. Un billet pour la Toscane. Vite!

NIKI DE SAINT PHALLE
GRAND PALAIS
Grand Palais, Galeries nationales
3, avenue du Général Eisenhower
, 75008
M° Champs-Elysées-Clemenceau
Mercredi au vendredi de 10h à 22h. Lundi et dimanche de 10h à 20h.
Tarif : 13€, TR : 9€, gratuit moins de 16 ans
Plus d’infos : www.grandpalais.fr
Merci à l’office de tourisme de Paris et à Pauline Le Vexier – Paris je t’aime

Chaque vendredi, le parcours de la semaine dans votre boîte mail, inscrivez-vous :

Les commentaires sont fermés.